À la recherche de notre humanité profonde : essai sur la connaissance
Le monde comme il va..
Nous arrivons en ce monde dans un état d'oubli de qui nous sommes et des raisons pour lesquelles nous nous sommes réincarnés.
D'un point de vue biologique, comme tout être vivant, nous sommes petits et grandissons progressivement au fil de l'âge... Notre entité biologique est programmée pour la vie et la mort. Tout est déjà inscrit dans nos cellules humaines, nos cellules d'êtres vivants.
Le mystère de la naissance demeure un point important méconnu et surtout crée, tout au long de notre vie des interrogations sur notre existence et sa motivation.
Notre humanité profonde est jusque-là inconnue... Elle se colore de beaucoup d'agrégats formés de la culture locale dans laquelle nous naissons, des cellules de nos parents, et d'autres que nous ne connaissons pas et que nous avons hérités de nos ancêtres.
Nous traversons les aléas de nos vies, les moments de plénitude, de bonheur, et d'autres moments plus intenses empreints des difficultés que nous rencontrons sur notre chemin de vie.
Tout ce que nous vivons est le théâtre de l'accomplissement ou non de notre humanité profonde, même si, en chemin, nous vivons aussi une déshumanisation progressive soit par un processus qu'on crée nous mêmes, soit par ce qui nous est infligé, et que nous n'avons pas pu relever.
Rechercher son humanité profonde
C'est le processus dans lequel nous nous impliquons soit en conscience de manière très explicite, soit inconsciemment en suivant mécaniquement ce qu'on nous dit de faire sans les questionner...
La recherche consciente et même inconsciente de notre humanité profonde nous mène inéluctablement à vouloir se distancier de notre vécu, de ce que nous avons intégré dans nos cellules et notre culture originelle, pour retrouver l'être unique, spécial et particulier que nous sommes en réalité, ce qui nous pousse inéluctablement à nous remettre en question.
C'est pour cette raison que la réflexivité est une capacité essentielle qui ne s'acquiert pas dans la culture, mais par son absorption automatique dans le milieu social, pour ensuite devenir un méthode d'approche de soi dans un monde en perpétuel changement qui nous demande de nous adapter mais qui ne s'adapte pas à nos exigences et à nos besoins.
L'humanité vit donc la crise la plus importante de son existence, peut-être actuellement, en raison de la non reconnaissance d'une urgence : celle de la dimension éthique nécessaire à la construction d'une véritable politique civilisationnelle de l'homme.
Se donner le temps de l'auto-réflexivité
Se remettre en question est un long processus d'évolution spirituelle et philosophique où l'on suit notre véritable chemin en tant qu'âmes occupant des corps physiques terriens pour une certaine période.
La mort n'est jamais un accident, elle est programmée dans les cellules qui nous composent, tout comme la vie. Lorsqu'elle survient, c'est un signe de fin de vie, non pas le résultat d'un accident de route, d'une maladie, ou d'une crise cardiaque.
Nos cellules sont intelligentes et savent nous donner des signes de notre processus vital en même temps que de sa fin.
En ce sens, pour retrouver notre humanité profonde, nous devons être humbles, porter la compassion et l'amour pour nous-mêmes et pour ceux qui nous entourent. Nous devons ainsi savoir nous arrêter quand quelque chose ne nous rend pas service et nous empêche de mener à bien ce que nous sommes venus faire.
Des milliers de personnes vivent sans but précis et sont résignés dans un monde de cartoons.
L'intelligence artificielle actuelle n'est ni humaine, ni humanitaire et ne peut l'être que cela soit dans un futur proche ou lointain.
Sa présence en notre monde n'est pas récente, car les travaux sur l'IA avaient déjà commencé depuis les années 89 aux Etats-Unis. Cela montre que l'homme l'a reçue et développée en différentes phases.
Ce que nous avons aujourd'hui, c'est une IA qui détruit la planète en raison de l'exploitation excessive de l'eau dans des stations qui provoquent un réchauffement climatique dont nous avons expérimenté les conséquences récemment, nos moyens d'adaptation sont très limités... Nous brûlons en même temps que cette eau qui fait 75% de nos corps physiques.
Nos facultés psychiques et spirituelles sont mises à rude épreuve. Nous passons nos journées à chercher un peu de fraîcheur dans un monde qui brûle, car notre déshumanisation profonde est à un stade jamais atteint jusqu'ici.
En plus de l'ébranlement des corps physiques, les hommes partout dans le monde subissent la tyrannie et la violence politiques.
"Où va le monde ?"
"Chacun de nos organismes est une république de trente milliards de cellules. Pourquoi une fédération de quelques centaines de nations et de 3 à 6 milliards d'Homo sapiens, ne parviendrait-elle pas à s'auto-organiser ? Il est non seulement raisonnable, il est vital de l'envisager.."
Edgar Morin, Où va le monde ?, Carnets de L'Herne 2007, Texte extrait de Pour sortir du XXe siècle, Paris, Fernand Nathan, 1981, Ch.3.
L'avènement d'une nouvelle vision du monde est très restructurant dans la pensée humaine. Nos catégories intellectuelles sont à renouveler tout autant que notre manière de nous penser nous-mêmes. Sans cette auto-critique permanente, notre capacité à renouveler la connaissance pour la faire évoluer vers un humanisme plus profond, en faveur d'une politique de civilisation, serait complètement inhibée.
L'anthrolopgie épistémologique de la connaissance à laquelle nous devons souscrire s'inspire de cette capacité que nous avons à développer de plus en plus : celle de penser notre pensée pour devenir capables de générer, à chaque étape de notre recherche, une connaissance de la connaissance, à l'instar de ce qu'Edgar Morin avait appelé de ses voeux dans les 7 volumes de La méthode.
Dans La méthode de la méthode. Le manuscrit perdu, (Editions Actes Sud. Point-Essais 2024),il fait une analyse très minutieuse d'un double processus au cours duquel il explicite que la connaissance de la nature ne peut que nous mener à comprendre la nature de la connaissance elle-même. Pour lui, la connaissance prend forme dans ce qui relie, comme une "auto-organisation" de l'être vivant et de l'information qu'il "produit" et "organise" ainsi que les "représentations" de "perceptions phénoménales".
En effet, selon lui (p. 90), la nature de la connaissance possède une triple caractéristique :
- une relation de communauté,
- une séparation,
- un appareil cognitif neuro-cérébral.
C'est donc de manière indépendante, dans son organisation propre, que la connaissance prend forme en reliant l'être vivant à l'information qu'il produit, ainsi que les représentations organisées de perceptiuons phénoménales.
Dans sa logique, c'est l'élaboration de la connaissance de la nature, via ces trois caractérisqtiques, qui mène à l'explicitation de la nature de la connaissance et à sa pleine compréhension. Séparation et communion sont identifiées comme étant nécessaires, en même temps qu'elles ont, de manière individuelle, des rapports intrinsèques en chacun d'eux : "L'auto est dans l'éco, en même temps l'éco est dans l'auto, et l'écosystème fait partie de l'intra-système du vivant" (P.91).
De la même façon l'appareil neuro-cérébral opère des choix grâce à ses capacités d'être à la fois ouvert et fermé : il est stimulé par des informations venant de l'extérieur et se refreme pour transofmer ces données extérieures en "impulsions électro-chimiques".
L'on comprend ainsi que la conscience de soi n'apparaît que lorsqu'il y a une distanciation suffisante de soi à soi. Elle est épiphénoménale. Toute connaissance dépend de ces deux conditions : être " trop près et trop loin de soi" (p.92) Edgar Morin souligne donc : "il faut à la fois une communauté et une séparation. S'il y a intégration totale, il n'y a plus de sujet pouvant connaitre, s'il y a séparation absolue, il n'y a pas de connaissance possible." (p. 92).
L'appareil neuro-cérébral produit et organise, par sa grande puissance, la connaissance sous forme d'informations et de représentations. La production de toute connaissance dépend de la manière avec laquelle est traitée l'information dans le processus de son organisation globale.
" La connaissance est co-organisation de représentations et informations, dans un procès où les unes sont co-productrices des autres, co-présentes aux autres, et transformables les unes en les autres et vice versa." (p. 93)
Il s'agit là de "l'une des sources de la notion d'objectivité" (p.93) qui caractérise la constance de son objet en même temps que sa reconstruction possible par l'appareil cognitif humain.
Reconnaître nos limites et nos possibilités
C'est par la reproduction subjective d'objets et phénomènes extérieurs que la connaissance prend forme. Ses opérations sont complexes et passent de la computation, elle est considérée comme un produit du métabolisme neuro-sensoriel : elle filtre, analyse, isole et classe pour créer "la catégorisation conceptuelle qui nous permet de subsumer l'objet (le comprendre dans un genre) ou l'individu ( le comprendre dans une espèce)."
Lorsque l'appareil cognitif est complexe, l'individualité, l'originalité, et la subjectivité sont accentuées. En même temps la communication complexe, la subjectivité et l'objectivité doivent être reliées. Il faut qu'il y ait concurrence, antagonisme et complémentarité.
Nos possibilités sont dans nos capacités de transcender les limites préétablies obsolète qui freinent l'évolution de la connaissance vers plus de complexité et ainsi de la conscience humaine vers plus de créativité et d'humansime. La complexité telle que la présente Edgar Morin, démontre un certain paradoxe, dans le sens où la relation auto-écologique permet une compréhension plus large d'une connaissance et se construit dans le sujet connaissant même si son appareil corgnitif est fermé, ce qui lui permet de s'échapper de la certitude de soi afin de produire une connaissance originale même si elle est objective.


